La rémunération du gérant de restaurant dépend d’abord de son statut social : le gérant majoritaire de SARL est travailleur indépendant, le président de SAS et le gérant minoritaire sont assimilés salariés. Le salaire est déductible de l’impôt sur les sociétés et ouvre des droits sociaux ; les dividendes sont versés après impôt et taxés à 31,4 % au prélèvement forfaitaire unique.
Le bon dosage se calcule chaque année, avant la clôture, à partir du résultat du restaurant, de vos besoins et de la retraite que vous souhaitez construire. Un salaire de 7 212 euros bruts suffit à valider quatre trimestres pour un assimilé salarié.
Pour qui
Gérants de SARL, présidents de SAS, associés de brasseries, bistrots, pizzerias ou restaurants rapides qui se demandent combien et comment se verser une rémunération.
Quand
À la création de la société, au premier exercice bénéficiaire, avant chaque clôture et à chaque changement de situation : nouvel associé, emprunt, projet immobilier, départ à la retraite.
Ce que vous obtenez
Les règles sociales et fiscales à jour, la comparaison salaire et dividendes, la règle des 10 %, un exemple chiffré et les erreurs à éviter.
Rémunération gérant restaurant : de quoi parle-t-on ?
La rémunération du gérant de restaurant désigne tout ce que le dirigeant perçoit en contrepartie de son mandat : salaire ou rémunération de gérance, avantages en nature, remboursements de frais. Les dividendes, eux, rémunèrent l’associé et non le dirigeant. Le sujet « rémunération gérant restaurant » mêle donc droit des sociétés, fiscalité et protection sociale.
Mandat social et salaire : deux réalités distinctes
Le gérant de SARL ou le président de SAS exerce un mandat social. Sa rémunération n’est pas un salaire au sens du code du travail, même lorsqu’elle figure sur un bulletin de paie. La fiche de Service Public Entreprendre sur la rémunération du dirigeant rappelle qu’elle peut être fixe, variable ou nulle.
Ce que cette page couvre
Nous traitons ici les restaurants exploités en société soumise à l’impôt sur les sociétés, cas de loin le plus fréquent. La fiscalité générale du secteur est présentée dans notre guide de la fiscalité du restaurant, et le choix de la structure dans notre dossier créer ou reprendre un restaurant.
Le cas de l’entreprise individuelle
En entreprise individuelle à l’impôt sur le revenu, l’exploitant ne se verse pas de salaire : il est imposé sur le bénéfice, qu’il le prélève ou non. La question de la rémunération gérant restaurant se pose alors en termes de trésorerie, pas d’arbitrage fiscal.
Statut social du gérant de restaurant : TNS ou assimilé salarié
Le statut social découle de la forme de la société et de la répartition du capital, pas d’un choix du dirigeant. L’Urssaf distingue deux régimes : les travailleurs indépendants et les assimilés salariés.
| Dirigeant | Régime social | Assurance chômage |
|---|---|---|
| Gérant majoritaire de SARL | Travailleur indépendant | Non |
| Gérant minoritaire ou égalitaire de SARL | Assimilé salarié, régime général | Non |
| Président de SAS ou de SASU | Assimilé salarié, régime général | Non |
| Exploitant individuel | Travailleur indépendant | Non |
Le gérant majoritaire, travailleur indépendant
Le gérant qui détient, seul ou avec son conjoint et ses enfants mineurs, plus de la moitié des parts relève du régime des indépendants. Ses cotisations sont calculées sur ses revenus de l’année, selon les règles présentées par Bpifrance Création.
Le président de SAS, assimilé salarié
Le président de SAS cotise au régime général comme un salarié, sauf pour le chômage. La fiche de Bpifrance Création sur le dirigeant assimilé salarié précise qu’il ne cotise que s’il est rémunéré.
Pourquoi le statut pèse sur la rémunération
À rémunération égale, les cotisations d’un indépendant sont nettement plus faibles que celles d’un assimilé salarié, mais la protection est moins large. Le comparatif des régimes sociaux de Bpifrance Création détaille les écarts poste par poste.
Rémunération du gérant de SARL de restaurant
En SARL, la rémunération du gérant de restaurant prend souvent la forme d’une rémunération de gérance, versée chaque mois. Pour un gérant majoritaire, elle ne donne pas lieu à un bulletin de paie : les cotisations sont appelées par l’Urssaf sur la base du revenu déclaré.
Rémunération gérant restaurant en SARL : la nouvelle assiette sociale
Depuis le 1er janvier 2026, l’assiette des cotisations des indépendants est unifiée : elle part du revenu professionnel avant cotisations, diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %, comme l’explique Service Public Entreprendre. Le texte de référence est l’article L136-3 du code de la sécurité sociale.
Les cotisations minimales
Même sans rémunération, le gérant majoritaire doit des cotisations minimales, notamment pour la retraite de base. Bpifrance Création en publie le détail ; elles permettent de valider des trimestres même en année blanche.
Le gérant minoritaire ou égalitaire
Lorsque la gérance ne détient pas la majorité, le gérant est assimilé salarié et reçoit un bulletin. La fiche de Bpifrance Création sur le gérant de SARL rappelle que la répartition des parts entre associés change donc son régime social.
Les bulletins des gérants assimilés salariés suivent les mêmes circuits que ceux de votre équipe ; notre service de paie HCR les établit à 30 euros HT par bulletin.
Rémunération du président de SAS de restaurant
En SAS, le président est assimilé salarié dès lors qu’il est rémunéré. Sa rémunération figure sur un bulletin de paie et supporte les cotisations du régime général, hors assurance chômage. C’est la forme la plus répandue pour les restaurants créés récemment ; la fiche fiscalité de la SAS en résume le régime.
Rémunération gérant restaurant en SAS : un coût social élevé
Les cotisations d’un assimilé salarié dépassent largement celles d’un indépendant pour une même rémunération nette. En contrepartie, le président bénéficie de la couverture maladie, de la retraite de base et de la retraite complémentaire du régime général.
Le président bénévole
Un président non rémunéré ne cotise pas et ne valide aucun trimestre. Cette option n’a de sens que si une autre activité, ou un conjoint, assure la protection sociale du foyer.
Qui fixe la rémunération du gérant de restaurant ?
Le gérant ne fixe jamais seul sa propre rémunération. En SARL, les gérants sont nommés par les associés, selon l’article L223-18 du code de commerce, et leur rémunération est fixée par les statuts ou par une décision des associés.
En SAS : ce que prévoient les statuts
Pour la SAS, les articles L227-1 et suivants du code de commerce laissent aux statuts le soin d’organiser la direction. Ils désignent l’organe qui fixe la rémunération du président : assemblée des associés, comité ou associé unique.
Le procès-verbal, pièce justificative
Une décision datée, indiquant le montant fixe, la part variable éventuelle et la date d’effet, justifie la charge en cas de contrôle. Sans elle, l’administration peut contester la déduction.
Vous ne savez pas quelle rémunération voter pour l’exercice en cours ? Nous simulons salaire, dividendes, impôt et retraite sur vos chiffres réels.
Demander une simulationRémunération du gérant de restaurant et impôt sur les sociétés
En société à l’impôt sur les sociétés, la rémunération du gérant de restaurant et les cotisations qui s’y attachent sont des charges déductibles. Selon Bpifrance Création, le bénéfice est taxé à 15 % jusqu’à 42 500 euros, puis à 25 %.
Les conditions du taux réduit
Le taux de 15 % est réservé aux sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 millions d’euros HT, dont le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Service Public Entreprendre a rappelé le relèvement du seuil à 42 500 euros.
Travail effectif et rémunération non excessive
La déduction suppose un travail effectif et une rémunération qui n’est pas excessive au regard du service rendu. Le BOFiP consacré aux rémunérations des dirigeants et le BOFiP relatif à la déductibilité des rémunérations fondent ces deux conditions sur l’article 39 du code général des impôts.
Le risque d’une rémunération excessive
Une rémunération sans rapport avec la taille du restaurant peut être réintégrée au résultat imposable. Le contrôle reste rare pour un dirigeant qui travaille en cuisine ou en salle tous les jours, mais la cohérence avec le chiffre d’affaires doit pouvoir être démontrée.
Le résultat taxable dépend aussi de la tenue des comptes : stocks, caisse et TVA. Notre guide de la comptabilité du restaurant et celui de la TVA en restauration détaillent ces points.
Dividendes du gérant de restaurant : flat tax ou barème
Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice après impôt. Selon la fiche de Service Public sur les revenus de capitaux mobiliers, ils supportent par défaut 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026, soit 31,4 %.
| Régime | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total |
|---|---|---|---|
| Prélèvement forfaitaire unique | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Option pour le barème | Barème après abattement de 40 % | 18,6 % | Variable |
| CSG déductible sur option barème | 6,8 % du revenu imposé | ||
La hausse des prélèvements sociaux
La CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %, selon la brochure des nouveautés fiscales publiée par impots.gouv.fr. Service Public Entreprendre confirme le taux global de 31,4 % applicable aux dividendes.
L’option pour le barème progressif
Sur option expresse et globale, les dividendes sont soumis au barème après un abattement de 40 %, et une partie de la CSG devient déductible. L’option concerne tous les revenus de capitaux mobiliers et plus-values du foyer pour l’année.
Pour quels foyers l’option est intéressante
Elle profite surtout aux foyers non imposables ou situés dans la tranche à 11 %. Au-delà, le prélèvement forfaitaire est en général plus favorable, mais seule une simulation sur votre déclaration permet de trancher.
Le coût global d’un euro distribué
Un euro de bénéfice taxé à 15 % puis distribué supporte environ 41,7 % de prélèvements cumulés. Sur la tranche à 25 %, la charge atteint environ 48,6 %. Ces taux se comparent au coût social d’un euro de salaire.
Gérant majoritaire de restaurant : la règle des 10 % sur les dividendes
Pour le gérant majoritaire de SARL, une partie des dividendes est soumise aux cotisations des indépendants. Selon l’article L136-3 du code de la sécurité sociale, sont visés les dividendes qui dépassent 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes en compte courant d’associé.
L’article L131-6 du même code, souvent cité, renvoie désormais à cet article pour la définition de l’assiette. La fiche fiscalité de la SARL décrit le mécanisme du côté fiscal.
Un capital faible pénalise le gérant
Avec un capital de 5 000 euros et 10 000 euros en compte courant, seuls 1 500 euros de dividendes échappent aux cotisations. Au-delà, distribuer revient presque à se verser une rémunération, avec l’impôt en plus.
Le président de SAS n’est pas concerné
En SAS, les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, quel que soit le capital. C’est l’une des raisons pour lesquelles la SAS est souvent retenue lorsque le dirigeant prévoit de se rémunérer surtout en dividendes.
Le compte courant d’associé, levier légitime
Les apports en compte courant entrent dans la base des 10 %. Un restaurateur qui finance son ouverture par un apport personnel élargit donc la part de dividendes hors cotisations, sans montage particulier.
Impôt sur le revenu du gérant de restaurant
La rémunération du dirigeant est imposée dans la catégorie des traitements et salaires. Elle bénéficie de la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, comprise entre 509 et 14 555 euros pour les revenus de 2025 selon le simulateur d’impôt de la DGFiP.
| Revenu par part (revenus de 2025) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Ce barème est publié au BOFiP relatif au calcul de l’impôt sur le revenu. La tranche marginale du foyer est la donnée qui fait pencher la balance entre salaire et dividendes.
Les frais réels, alternative au forfait
Le gérant peut renoncer au forfait et déduire ses frais réels, justificatifs à l’appui, comme l’explique impots.gouv.fr. L’option est rarement avantageuse lorsque la société rembourse déjà les frais engagés.
Le « zéro salaire, tout en dividendes » est rarement la bonne réponse pour un restaurateur. Le métier est physique, les arrêts de travail ne sont pas rares et la carrière commence souvent tard en indépendant : renoncer à toute couverture pour gagner quelques points de prélèvements est un mauvais calcul.
Notre position : un salaire de base qui valide les trimestres et couvre les besoins courants, puis des dividendes ajustés chaque année selon le résultat. Ce socle se décide avec le prévisionnel, comme l’explique notre guide de la rentabilité du restaurant.
Raphaël Berguig, Nexco Expertise
Retraite et protection sociale du gérant de restaurant
Pour un assimilé salarié, un trimestre de retraite est validé par une rémunération égale à 150 fois le Smic horaire au 1er janvier, soit 1 803 euros bruts en 2026 et 7 212 euros pour quatre trimestres, selon Service Public. Le Smic horaire était alors de 12,02 euros.
La hausse du Smic en cours d’année
Le Smic est passé de 12,02 euros, selon Service Public, à 12,31 euros au 1er juin 2026, selon le Code du travail numérique. Le seuil de validation des trimestres reste calculé sur le Smic du 1er janvier.
Le plafond de la sécurité sociale
Le plafond annuel de la sécurité sociale s’établit à 48 060 euros en 2026, selon Bpifrance Création. Il sert de repère pour la retraite de base, la prévoyance et de nombreuses cotisations.
Prévoyance et mutuelle du dirigeant
Les contrats collectifs de la branche HCR ne couvrent pas automatiquement le dirigeant. Une prévoyance individuelle, chiffrée avec votre assureur, complète utilement une rémunération modeste.
Rémunération gérant restaurant : la méthode en 6 étapes
Fixer la rémunération gérant restaurant suit une démarche annuelle, idéalement trois mois avant la clôture de l’exercice.
Mesurer le résultat disponible
Partez du résultat prévisionnel avant rémunération du dirigeant, établi à partir de la marge, des charges de personnel et des loyers.
Chiffrer vos besoins personnels
Évaluez le revenu net dont votre foyer a besoin chaque mois, et la trésorerie que le restaurant doit conserver.
Vérifier votre statut social
Indépendant ou assimilé salarié : le statut détermine le coût des cotisations et l’effet des dividendes.
Fixer un salaire de base
Retenez au minimum le niveau qui valide quatre trimestres et assure la couverture souhaitée.
Simuler le complément
Comparez un complément en salaire et en dividendes, impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu compris.
Formaliser la décision
Faites voter la rémunération par les associés et consignez-la dans un procès-verbal daté.
Notre simulateur de rentabilité donne une première idée du résultat disponible ; la marge du restaurant en est le point de départ.
Quel salaire pour un gérant de restaurant ?
Il n’existe pas de salaire type pour un gérant de restaurant. Le niveau raisonnable dépend du résultat, de la taille de l’équipe et du rôle effectif du dirigeant, en cuisine, en salle ou en gestion.
Le premier exercice
Pendant la montée en charge, la trésorerie prime. Beaucoup de restaurateurs se versent une rémunération faible, voire nulle, puis la relèvent lorsque le chiffre d’affaires se stabilise. L’enjeu est de ne pas compromettre le remboursement de l’emprunt.
Le restaurant installé
Une fois l’activité stable, le salaire de base couvre les besoins courants, et les dividendes rémunèrent la performance. Le ratio entre masse salariale et chiffre d’affaires doit intégrer la rémunération du dirigeant.
Comparer avec le coût d’un salarié
Notre simulateur du coût d’un salarié HCR aide à mesurer ce que coûterait le remplacement du gérant par un chef ou un directeur salarié, repère utile pour juger une rémunération.
Plusieurs restaurants, plusieurs sociétés
Lorsque le dirigeant détient plusieurs établissements, la rémunération peut être versée par une société de tête. Ce schéma est développé dans notre page sur la comptabilité d’un groupe de restaurants.
Repas, frais, véhicule : les à-côtés de la rémunération du gérant
La rémunération ne se limite pas au salaire. Les avantages en nature et les remboursements de frais complètent le revenu du dirigeant, à condition de respecter leurs règles propres.
Les repas pris au restaurant
Le repas fourni gratuitement au dirigeant est un avantage en nature, soumis aux cotisations et à l’impôt. Les règles de la branche pour les salariés sont détaillées dans notre guide du panier repas.
Les frais professionnels
Déplacements chez les fournisseurs, salons professionnels, formations : la société peut rembourser les frais réellement engagés pour le restaurant, sur justificatifs. Ces remboursements ne sont ni imposés ni soumis à cotisations s’ils sont justifiés.
Les dépenses personnelles payées par la société, sans décision ni justificatif, sont requalifiées en rémunération occulte ou en distribution irrégulière. Elles exposent à un redressement fiscal et social.
Gérant de restaurant et contrat de travail : le cumul
Un dirigeant peut cumuler son mandat avec un contrat de travail, mais sous trois conditions : des fonctions techniques distinctes, une rémunération séparée et un lien de subordination. Bpifrance Création rappelle que ce cumul est impossible pour un gérant majoritaire.
L’intérêt du cumul
Le contrat de travail ouvre l’assurance chômage et l’application de la convention collective HCR. Pour un chef de cuisine devenu associé minoritaire, le cumul peut se justifier.
Le salarié qui devient gérant
Lors d’une reprise par un salarié, le contrat peut être suspendu pendant le mandat. Notre guide sur l’expert-comptable pour restaurants présente l’accompagnement de ces transitions.
Vous créez ou reprenez un restaurant et hésitez entre SAS et SARL ? Notre pack création de SAS à 990 euros HT inclut la simulation de votre rémunération.
Préparer ma créationExemple chiffré : rémunération gérant restaurant en salaire ou dividendes
Hypothèses fictives : restaurant exploité en SAS, éligible au taux réduit d’impôt sur les sociétés, avec un résultat de 80 000 euros avant toute rémunération du président. Le foyer opte pour le prélèvement forfaitaire unique.
Scénario A, tout en dividendes : impôt sur les sociétés = 15 % × 42 500 + 25 % × 37 500 = 15 750 euros. Dividende = 64 250 euros, prélèvement de 31,4 % = 20 174,50 euros, net perçu = 44 075,50 euros, sans aucun trimestre validé.
Scénario B : salaire brut de 7 212 euros, avec un coût total de 1,5 fois le brut et un net de 78 % du brut, deux coefficients purement pédagogiques.
Coût = 10 818 euros, impôt sur les sociétés = 13 045,50 euros, dividende net = 38 509,64 euros, salaire net = 5 625,36 euros : total de 44 135 euros, avant impôt sur le revenu du salaire, avec quatre trimestres validés.
Les deux scénarios aboutissent à des montants proches avant l’impôt sur le revenu du salaire, mais le second construit des droits. Seule une simulation sur vos chiffres réels, avec les cotisations exactes, permet de choisir. Cette rémunération gérant restaurant reste un exemple, pas une recommandation.
Erreurs fréquentes sur la rémunération du gérant de restaurant
Les redressements sur la rémunération du dirigeant viennent rarement d’un montage audacieux : plutôt d’une décision absente ou d’une information dépassée.
- Se verser une rémunération sans décision. Sans procès-verbal, la charge et sa déduction sont fragiles.
- Raisonner avec l’ancien taux de 30 %. Le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 % sur les dividendes depuis 2026.
- Oublier la règle des 10 % en SARL. Le gérant majoritaire paie des cotisations sur la plupart de ses dividendes.
- Distribuer sans bénéfice distribuable. Un dividende versé sans comptes approuvés est irrégulier.
- Négliger la retraite. Plusieurs années sans trimestre validé pèsent lourd au moment de la liquidation.
Ces points se surveillent avec un expert-comptable spécialisé en restauration. Si votre cabinet ne vous propose aucun arbitrage annuel, notre guide pour changer d’expert-comptable détaille la démarche.
À la sortie, la rémunération passée influence aussi la valorisation : un restaurant dont le gérant se paie peu affiche un résultat flatteur que l’acquéreur retraitera. Voir notre guide pour vendre son restaurant et la page cession et valorisation.
Questions fréquentes sur la rémunération gérant restaurant
Quelle rémunération pour un gérant de restaurant ?
Il n’existe aucun montant imposé : le gérant peut même ne rien percevoir. En pratique, la rémunération se fixe à partir de trois données : le résultat que dégage le restaurant, vos besoins personnels et la protection sociale visée. Un salaire d’au moins 7 212 euros bruts sur l’année valide quatre trimestres de retraite pour un assimilé salarié.
Un gérant de restaurant peut-il ne pas se rémunérer ?
Oui. Aucun texte n’oblige le gérant d’une SARL ou le président d’une SAS à percevoir une rémunération, ce qui est fréquent pendant les premiers mois d’exploitation. Le prix est social : sans rémunération, un président de SAS ne valide aucun trimestre et ne cotise pas, tandis qu’un gérant majoritaire de SARL reste redevable de cotisations minimales.
Salaire ou dividendes : que choisir pour un gérant de restaurant ?
Le salaire est déductible de l’impôt sur les sociétés et ouvre des droits sociaux, mais il supporte des cotisations. Les dividendes sont versés après impôt et taxés à 31,4 % au prélèvement forfaitaire unique, sans droits à la retraite. La combinaison la plus courante associe un salaire de base et un complément en dividendes, à recalculer chaque année.
Le gérant de SARL est-il salarié ?
Non, sauf exception. Le gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs indépendants. Le gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé salarié : il cotise au régime général, comme un président de SAS, mais n’a pas droit à l’assurance chômage. Seul un contrat de travail distinct, sous conditions strictes, en ferait un salarié au sens propre.
Qui décide de la rémunération du gérant de restaurant ?
Les associés, jamais le gérant seul. En SARL, la rémunération est fixée par les statuts ou par une décision des associés, en général en assemblée ordinaire. En SAS, les statuts organisent librement la direction et désignent l’organe compétent, souvent l’assemblée ou un comité. Conservez un procès-verbal daté : il justifie la charge en cas de contrôle.
La rémunération du gérant est-elle déductible ?
Oui, en société à l’impôt sur les sociétés, si elle correspond à un travail effectif et n’est pas excessive au regard du service rendu. Le BOFiP rappelle ces deux conditions. Les cotisations sociales du dirigeant sont également déductibles. En entreprise individuelle, en revanche, le prélèvement de l’exploitant n’est pas une charge.
Comment sont imposés les dividendes du gérant de restaurant ?
Par défaut, ils supportent le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 %. Sur option globale, ils peuvent être soumis au barème progressif après un abattement de 40 %. En SARL, la part qui dépasse 10 % du capital supporte en plus des cotisations si le gérant est majoritaire.
Qu’est-ce que la règle des 10 % en SARL ?
Pour un gérant majoritaire, les dividendes qui dépassent 10 % du capital social, des primes d’émission et des comptes courants d’associés sont soumis aux cotisations des indépendants. Avec un capital de 5 000 euros et 10 000 euros en compte courant, seuls 1 500 euros de dividendes y échappent. La règle figure à l’article L136-3 du code de la sécurité sociale.
Combien faut-il gagner pour valider un trimestre de retraite ?
Pour un assimilé salarié, il faut une rémunération soumise à cotisations au moins égale à 150 fois le Smic horaire au 1er janvier, soit 1 803 euros bruts pour un trimestre et 7 212 euros pour quatre trimestres. Pour un travailleur indépendant, la validation dépend du revenu cotisé ; la cotisation minimale de retraite permet déjà de valider des trimestres.
Le gérant de restaurant a-t-il droit au chômage ?
En principe non. Ni le gérant majoritaire de SARL, ni le gérant minoritaire, ni le président de SAS ne cotisent à l’assurance chômage au titre de leur mandat. Seul un contrat de travail réel, avec un lien de subordination, des fonctions techniques distinctes et une rémunération séparée, ouvre ces droits. Il est impossible pour un gérant majoritaire.
Le gérant peut-il prendre ses repas au restaurant ?
Oui, mais le repas fourni gratuitement au dirigeant constitue un avantage en nature, intégré à sa rémunération et soumis aux cotisations et à l’impôt. Le traitement diffère selon le statut social du dirigeant. Les règles applicables aux salariés de la branche HCR sont détaillées dans notre guide sur le panier repas, à transposer avec votre comptable.
Faut-il un expert-comptable pour fixer la rémunération du gérant ?
Ce n’est pas obligatoire, mais l’arbitrage combine impôt sur les sociétés, cotisations, impôt sur le revenu et retraite : une simulation chiffrée évite les décisions prises au jugé. Chez Nexco, l’arbitrage annuel est intégré aux formules d’accompagnement, dès 350 euros HT par mois. Une consultation ponctuelle coûte 149 euros HT.
Quand verser la rémunération et les dividendes ?
Le salaire se verse au fil de l’exercice, sur la base d’une décision prise en début d’année ou modifiée en cours d’année. Les dividendes ne peuvent être distribués qu’après l’approbation des comptes, dans les six mois de la clôture, et seulement si le bénéfice distribuable le permet. Simulez les deux avant la clôture, pas après.
Faire le point sur la rémunération du gérant de votre restaurant
Salaire, dividendes, statut, retraite : décrivez votre situation et recevez un devis gratuit. Nos formules vont de l’Essentiel dès 350 euros HT par mois à la Performance dès 550 euros HT et au Groupe dès 1 200 euros HT ; une consultation ponctuelle coûte 149 euros HT. Vous pouvez aussi nous appeler au 01 59 13 35 79.
Sources
- Bpifrance Création, taux de l’impôt sur les sociétés
- entreprendre.service-public.gouv.fr, taux réduit d’IS relevé à 42 500 euros
- entreprendre.service-public.gouv.fr, fiscalité de la SAS
- entreprendre.service-public.gouv.fr, fiscalité de la SARL
- entreprendre.service-public.gouv.fr, rémunération du dirigeant de société
- service-public.gouv.fr, imposition des revenus de capitaux mobiliers
- entreprendre.service-public.gouv.fr, hausse des prélèvements sociaux sur le capital
- impots.gouv.fr, brochure IR : nouveautés (PDF)
- BOFiP, BOI-IR-LIQ-20-10 : barème de l’impôt sur le revenu
- impots.gouv.fr, déduction forfaitaire de 10 %
- impots.gouv.fr, simulateur : frais professionnels
- BOFiP, BOI-IS-BASE-30-20 : rémunérations des dirigeants
- BOFiP, BOI-BIC-CHG-40-40-10 : déductibilité des rémunérations
- Légifrance, article L136-3 du code de la sécurité sociale
- Légifrance, article L131-6 du code de la sécurité sociale
- Légifrance, article L223-18 du code de commerce
- Légifrance, articles L227-1 et suivants du code de commerce (SAS)
- urssaf.fr, créer une société et statut social du dirigeant
- entreprendre.service-public.gouv.fr, réforme de l’assiette des indépendants
- Bpifrance Création, régime social des indépendants
- Bpifrance Création, cotisations minimales des indépendants
- Bpifrance Création, comparaison des régimes sociaux
- Bpifrance Création, dirigeant assimilé salarié
- Bpifrance Création, situation sociale et fiscale du gérant de SARL
- Bpifrance Création, cumul d’un mandat social et d’un contrat de travail
- Bpifrance Création, plafonds de la sécurité sociale
- service-public.gouv.fr, montant du Smic au 1er janvier
- code.travail.gouv.fr, hausse du Smic au 1er juin
- service-public.gouv.fr, validation des trimestres de retraite
Historique des mises à jour — 6 novembre 2026 : première publication, intégrant le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % et la nouvelle assiette sociale des indépendants.